L’un des plus grands challenges auxquels doit faire face une personne en burn-out, au delà de la culpabilité et de l’extrême fatigue tant physique que psychique, est sans nul doute la question du retour au travail.

Car finalement, même durant la phase de mise à l’écart de l’environnement professionnel, absolument nécessaire à la récupération, ces questions sont toujours tapies là, quelque part. L’arrêt n’est qu’une parenthèse entre un état de saturation et un futur incertain (la seule certitude étant que les conditions du retour ne peuvent pas être identique à celles qui ont conduit à la chute).

Comment vais-je faire pour retourner travailler ? Vais-je tenir toute la journée ? Que vont penser ou dire mes collègues ? Vais-je être mis au placard ? Les missions qui me seront confiées seront-elles intéressantes ? Et si elles le sont, ai-je toujours les compétences pour les réaliser ? ….

La liste de questions est longue, très longue et elles font toutes appel à des peurs que nous pourrions classer en 3 catégories :

La peur de l’environnement de travail :

Dans la grande majorité des cas, les responsabilités d’un burn-out sont partagées.
Le salarié de son côté, compte-tenu de son système de croyance, de ses valeurs, de son éducation… a mis en place un comportement perfectionniste, exigeant, serviable voire corvéable, jusqu’au-boutiste… qui le pousse à l’épuisement.

L’entreprise, elle, a également son rôle à jouer : structure, charge de travail, gestion des urgences, sur-stimulation, incohérences entre ce qui est communiqué et la réalité du terrain…

La confrontation de ces deux systèmes remet en cause les valeurs que le salarié associait à son travail. Ceci cumulé à la fatigue physique et psychique, l’amène au craquage.

Un peu comme dans une histoire d’amour qui tourne mal, se retrouver demande de tout remettre à plat.

On observe des similitudes entre l’état de burn-out et celui du stress post-traumatique : le simple fait de penser à l’entreprise, au contexte de travail qui nous a poussé à bout, peut s’avérer être une source d’anxiété forte.
Pour la personne en burn-out, cela revient à se re-confronter à ce qui l’a « abîmé ».
Une prise de contact est alors difficile après plusieurs semaines, mois, voire années d’arrêts.

C’est d’ailleurs cette peur de l’environnement qui invite de nombreux salariés en burn-out à renoncer à leur emploi, l’idée même de reprendre leur poste  étant tout bonnement insupportable.
La rupture de contrat arrive alors comme salvatrice, non sans un sentiment ambivalent.
Bastien me confie : « Je suis vraiment soulagé que tout ceci se termine… mais en même temps je suis un peu nostalgique je crois… comme si j’avais échoué quelque part…». Rompre avec son travail n’est pas toujours aussi facile qu’on le croit.

La peur des autres :

Avant l’arrêt, le profil type du candidat au burn-out est donc celui d’une personne qui produit coûte que coûte.
On remarque d’ailleurs en phase de burn-in, une accélération du processus et un déni total de l’état de fatigue. L’entourage prévient, la personne refuse toute aide et n’accepte pas de devoir s’arrêter.
Comme pris dans un train à grande vitesse, en plein « syndrome de toute puissance », elle dit d’ailleurs « Pas moi ! Moi je ne peux pas m’arrêter ! ».
C’est justement cette pensée qui rend l’arrêt si difficile à accepter : faire le deuil de cette personne toute puissante que l’on croyait être. Mais aussi faire le deuil de ce qu’on voulait être aux yeux des autres.

Comment donc confronter le regard des collègues alors qu’on voulait donner l’image d’une personne forte, professionnelle et fiable dans tous les domaines ?

Se mêle aussi à cette peur un sentiment de honte : d’avoir perturbé ainsi le service du jour au lendemain, d’avoir fait augmenter la charge de travail de ses collègues… assumer ce rôle n’a rien d’aisé.

Et enfin la peur de devoir rendre des comptes : devoir expliquer le pourquoi de l’arrêt et au-delà, le risque de se confronter aux « on dit ».
Pierre m’explique en consultation qu’il est en difficulté quand on lui dit qu’un collègue pensait que son arrêt était un moyen de pression pour se faire augmenter… Doit-il se justifier ? Ne rien dire ?

Quelle posture prendre alors que cette simple remarque vient ébranler la confiance en soi déjà bien mise à mal par le burn-out ?

La peur de soi (qui est sans doute la plus lourde à porter) :

Dans le burn-out, il y a un avant et un après.
Le comportement d’avant, nous l’avons vu, est dans l’hyper : hyper-performance, hyper-productivité, hyper-activité.
En burn-out, la personne se retrouve en « hypo » : plus d’énergie, plus d’émotion, juste une profonde fatigue physique, psychique et mentale.

En phase de remontée, l’énergie revient peu à peu mais en dents de scie : ce qu’il est possible de faire un jour est insurmontable le lendemain.
Avec le temps, l’énergie remonte et se stabilise tranquillement mais comment être certain, au moment de la reprise, d’avoir :
l’énergie physique suffisante pour tenir les jours, les semaines et les mois
la vivacité intellectuelle pour tenir une réflexion ou une discussion
la résistance pour répondre à une situation stressante (urgence ou autre)
– …

Finalement, le fait de mettre en « stand by » ses capacités durant l’arrêt fait perdre en confiance car, même en s’économisant pendant l’arrêt maladie, certaines tâches restent parfois bien difficiles à réaliser… alors qu’en sera-t-il en allant travailler ?

Il se pose aussi la question de l’identité : du nouveau « moi » au travail.
Marie, quelques semaines avant sa reprise planifiée avec son médecin me confie :
Quelle personne serai-je au travail demain ? Est-ce que je serai capable de lever le pied de l’accélérateur à temps la prochaine fois ? Vais-je réussir à considérer le travail comme un élément de ma vie et non comme « toute ma vie » ? Vais-je pouvoir faire un travail de qualité sans me sur-investir ?

Marie, comme de nombreuses personnes en retour de burn-out, a peur d’elle-même : de cette personne sur-investie, perfectionniste, consciencieuse refasse surface…
Elle a pourtant bien conscience que ce comportement est très coûteux en énergie, mais c’est comme cela qu’elle a toujours fonctionné dans son travail. Saura-t-elle faire autrement ? Mettre des limites, fixer un cadre ?

Il y a dans la reprise une peur du « soi qui a poussé à bout » et du « soi en devenir ». Est-ce possible de faire autrement ? Seul l’avenir peut répondre à cette question !

Retourner au travail après un burn-out, quelles sont les pistes pour y parvenir ?

Pour mettre toutes les chances de votre côté et assurer un retour durable sans recraquer, voici les pistes que je vous propose d’explorer :

1/ Ne restez pas seul(e) : faites vous aider

Idéalement par un coach, un psy ou toute personne bienveillante et à l’écoute.
Être seul face à ses peurs (et il y en a plein comme nous venons de le voir) est extrêmement énergivore. Or, le peu d’énergie dont vous disposez est précieux. 
Parler, se sentir soutenu et accompagné permet de surmonter un peu plus à chaque fois la montagne à gravir sans brûler trop d’énergie.

2/ Faites le point sur ce que vous voulez et sur ce que vous ne voulez plus.

Le retour se prépare. Il est important de faire le point et d’être très clair sur les causes de votre burn-out.
Cela vous permettra de négocier un certain nombre de changements (avec vous-même ainsi qu’avec votre employeur) et ainsi de ne pas retomber dans les mêmes schémas à l’avenir, de mettre des limites avant que cela ne soit trop tard.

3/ Aménagez votre retour de façon à ce qu’il soit le plus confortable pour vous

Nous venons de le voir, le niveau d’énergie d’une personne en burn-out reste fragile.
S’adapter (ou se ré-adapter) à l’entreprise, au travail, aux horaires, aux trajets va demander un effort et de l’énergie jusqu’à ce que le rythme de croisière s’installe.
Ainsi, idéalement, préparez votre retour avec votre employeur : est-il possible d’envisager un mi-temps thérapeutique ou une charge de travail allégée pendant un temps ? D’avoir des dossiers un peu moins « à enjeux » de façon à limiter le niveau de pression et de regagner en confiance et en productivité petit à petit ?

4/ Préparez votre retour

La meilleure façon de dompter une peur est de l’affronter à dose « homéopathique » et régulière.
Ainsi, reprenez doucement contact avec des collègues avec lesquels vous aviez de bonnes relations par le biais d’un appel ou d’un déjeuner. Cela vous permettra d’être « mis au parfum » des changements, des nouveautés, des projets.
Investiguez également les techniques de visualisation afin de vous remettre dans l’univers. Si cela génère trop d’angoisse pour vous, n ‘hésitez pas à vous faire aider par un sophrologue ou un coach pour cet exercice qui se veut très efficace.

5/ Prenez soin de vous!

Prenez soin de votre alimentation, de votre sommeil et de tout ce qui vous permet de préserver votre énergie.
Et surtout, restez vigilant sur les signes physiques et psychiques qui pourraient vous alerter sur une limite qui serait sur le point d’être dépassée.
Avoir les yeux sur le tableau de bord et sur les « voyants rouges » est vraiment la clé pour tenir dans la durée.

Reprendre le travail après un burn-out s’avère donc être une épreuve difficile (une de plus) dans le processus du burn-out…
L’arrêt n’étant pas synonyme de fin, il induit un retour… et cette question, présente dès le départ, en tâche de fond, devient de plus en plus présente au fil des jours (au gré des renouvellements d’arrêts de travail et de l’échéance de la reprise).
Les peurs sont nombreuses, légitimes et touchent à l’être au plus profond de ce qu’il est : remise en question de son système de valeur, de son image, de ses envies, de ce qu’il était et ce qu’il est devenu…
Si le retour se prépare en amont, il est toutefois nécessaire de rester vigilant et en auto-surveillance pour ne pas retomber dans les vieux schémas et comportements. Apprendre à s’écouter et à se respecter, sont les outils les plus précieux pour ne pas rechuter.

Naturopathe et coach, j’accompagne les personnes ayant vécu un burn-out à retrouver la forme pour une vie professionnelle et personnelle plus sereine.
Si vous êtes concerné, que vous sentez toujours fatigué(e) et que vous cherchez à retrouver énergie et  confiance, vous pouvez me contacter pour une séance découverte. Nous verrons ensemble comment je peux vous aider.

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