Le burn-out, ou épuisement professionnel, est un effondrement tant psychique que physique. Résultant d’un stress chronique intense sur une longue période, les personnes en burn-out souffrent de fatigue intense, de douleurs chroniques, de nombreux troubles inflammatoires, d’infections à répétition… Car durant un burn-out, c’est souvent tout le système qui s’épuise !
Or la majeur partie de ces troubles ont des similitudes avec les troubles rencontrés dans les cas de déséquilibre de la flore intestinale (aujourd’hui appelé microbiote). Véritable organe à elle toute seule, la flore intestinale occupe de nombreux rôles dans notre corps et est particulièrement sensible au stress…

La flore intestinale, un « organe » sensible au stress.

La « flore intestinale » ou microbiote est un véritable écosystème qui se développe et vit au sein de votre tube digestif. La population est large : plus de 10.000 milliards de bactéries, ce qui représente près de 2kg de poids (pour un adulte).

Ces bactéries se divisent en 3 grands groupes : la flore résidente (ou dominante) qui représente près de 99% des bactéries (anaérobies : elles n’ont pas besoin d’air pour vivre), la flore sous-dominante (1% des bactéries aérobies que l’on retrouve un peu partout autour de nous par ailleurs) et la flore fluctuante.

Quand la flore intestinale est mise à mal par le stress, un changement alimentaire ou la prise de certains médicaments, la flore sous-dominante et la flore fluctuante se développent, ce qui provoque un dérèglement de l’écosystème (aussi appelé Dysbiose).

Une flore équilibrée est indispensable au bon fonctionnement de notre organisme. On sous-estime encore l’étendue de son action tant le champ est large !

La flore intestinale s’installe durant les 3 premières années de la vie et subit des variations tout au long de la vie. Et ce qu’elle déteste particulièrement, c’est le stress (je vous en ai déjà parlé ici).

Le burn-out étant la résultante d’un stress chronique intense et qui dure dans le temps, autant dire qu’une personne l’ayant vécu voit sa flore intestinale particulièrement mise à mal.

Un dérèglement de la flore intestinale peut avoir un impact sur bon nombre de systèmes que l’on retrouve dans les symptômes du Burn-Out.

 

Flore intestinale déséquilibrée, baisse d’énergie & fatigue

 

Une des fonctions de la flore intestinale est de nous aider à produire et/ou à absorber de nombreuses vitamines, vitamines qui sont d’ailleurs nécessaire à la production d’énergie (voir mon précédent article sur le blog).

A titre d’exemple, certaines bactéries (de la famille des Prevotella) aident à l’assimilation de la vitamine B1 qui prévient la fatigue et facilite la production d’énergie. Une carence de cette vitamine peut être à l’origine de tremblements musculaires ou de perte de mémoire.
D’autres bactéries (de la famille des Bacteriodes) produisent une grande quantité de vitamine B8. Une carence en B8 peut provoquer des états dépressifs, des somnolences, une fragilité aux infections, des troubles nerveux et une augmentation du taux de cholestérol.
La vitamine B2 mais aussi la B12 et K sont également synthétisées par la flore intestinale. Une carence ou un faible taux de ces vitamines ont pour conséquence une grande fatigue.
Notons toutefois que la ration vitaminique proposée par les bactéries est insuffisante pour couvrir les besoins nécessaires mais elle nous y aide !

Tous ces troubles font partie des symptômes rapportés par les personnes souffrant de burn-out : la piste d’un dérèglement de la flore est donc à envisager.

 

Flore intestinale, état dépressif et résistance au stress

 

Certaines bactéries de notre flore intestinale produisent de la sérotonine ; d’autres peuvent produire de la dopamine. Tous ces neurotransmetteurs jouent un rôle majeur dans les mécanismes de la dépression et de l’anxiété.

Une des expériences les plus marquantes est sans doute celle de la souris qui nage. Les chercheurs ont placé des souris dans une bassine où elles n’avaient pas pied. La souris se met donc à nager pour retrouver la terre ferme.
La population de souris testées a une caractéristique : elles présentent toutes des traits dépressifs (elles sont utilisées pour tester les anti-dépresseurs).
Soumises à ce test, elle ne nagent pas bien longtemps et s’immobilisent régulièrement et sont très sensibles au stress.
Sous anti-dépresseurs, elles nagent plus longtemps ce qui est un indice d’efficacité de la substance.
En 2011, des scientifiques ont nourrit la moitié de leurs souris avec des bactéries connues pour leurs effets bénéfiques sur l’intestin. Résultat : les souris « boostées » aux probiotiques nageaient plus longtemps, étaient plus performantes et plus résistantes au stress.

2 ans après cette expérience, la communauté scientifique s’est penchée sur l’impact d’un traitement intestinal sur le cerveau humain. Suite à l’ingestion de bactéries durant 4 semaines, certaines zones du cerveau des participants avaient subi de nettes modifications notamment les zones impliquées dans le traitement des sentiments et de la douleur.

S’il est difficile de concevoir qu’un traitement à base de probiotiques pourrait venir à bout d’une dépression (la piste des psychobiotiques étant à l’étude – cf article de Sciences et Avenir, il est intéressant de constater au travers de ces expériences que la flore intestinale a un réel impact sur le comportement, la résistance au stress et l’anxiété.

Le laboratoire ETAP-Éthologie appliquée (Vandoeuvre-lès-Nancy, Meurthe-et-Moselle), ont fait le test d’administrer deux souches de bactéries, Lactobacillus helveticus et Bifidobacterium longum, à deux groupes de volontaires sains pendant trente jours (un des deux groupes prenant un placebo). Au terme de l’expérience, une réduction significative du stress et de l’anxiété a été constatée dans le groupe ayant pris les probiotiques.

Et s’il est important de bien distinguer Burn-Out et dépression, on remarque ici qu’un dérèglement de la flore peut être la cause de fatigue chronique et diminuer la résistance au stress, la communication entre bactéries, intestins et cerveau fonctionnant mal. Or ces troubles sont répertoriés dans ceux du burn-out !

 

Le syndrome du colon irritable et anxiété

 

Chez les personnes souffrant d’irritabilité de l’intestin, on peut observer un dysfonctionnement de la communication entre l’intestin et le cerveau.

Les effets sont d’ailleurs visibles sur un scanner cérébral : certains patients se sont prêtés à une expérience. Un petit ballon a été gonflé dans leur intestin tout en observant leur activité cérébrale. Les résultats montrent une activité dans la zone cérébrale normalement chargée de traiter les sentiments désagréables.
On sait aujourd’hui que les personnes touchées par ce syndrome sont plus sujettes à l’état anxieux, l’origine pouvant être une micro-inflammation intestinale, une flore intestinale appauvrie ou une intolérance alimentaire.

 

Flore intestinale déséquilibrée et faiblesse immunitaire

 

Près de 80% de notre immunité se trouve dans l’intestin. Grâce aux « bonnes bactéries » de notre flore intestinale, nous sommes protégés chaque jour des agressions.
Or lorsque ces bactéries amies sont mises à mal, certaines bactéries pathogènes prennent place. Moins bien défendus, nous sommes plus sujets aux infections.

Puis, c’est le serpent qui se mord la queue : incapables de nous défendre, nous devons avoir recours aux antibiotiques qui eux-mêmes déstabilisent la flore déjà appauvrie… ce qui nous rend encore moins aptes à nous défendre les prochaines fois…

Or on note une plus faible résistance aux infections chez les personnes souffrant de stress chronique ou en burn-out.

 

Alors, qui de la poule ou de l’œuf ?

 

Aux vues de ces diverses expériences et à ce stade de nos connaissances en la matière, il est difficile de savoir si la cause du dérèglement de la flore pourrait être dû (en partie) au stress, et que cette flore appauvrie contribuerait à diminuer la résistance au stress, entrainer de la fatigue (par des carences) et ainsi favoriser le burn-out…

Ou si c’est une flore constitutionnellement peu équilibrée (par l’alimentation, les polluants, les médicaments…) nous rendrait plus perméable au stress, ce qui la dérèglerait d’avantage.

Cette piste de réflexion toute personnelle trouvera j’en suis certaine des réponses dans les années à venir.

Quels sont les signes qui montrent que la flore intestinale est désorganisée ?

 

Vous craignez que votre flore intestinale ne soit pas à son point d’équilibre ?
Si vous avez fait un burn-out, ou que vous souffrez de stress chronique, c’est fort probable !
Et certains signes peuvent vous mettre la puce à l’oreille :

  • une constipation régulière
  • des diarrhées régulières ou constipation persistante
  • des ballonnements
  • des maux de ventre
  • la prise d’antibiotiques récente et/ou régulière (à noter qu’on peut observer leur effet sur la flore intestinale jusqu’à 4 ans après la prise)

Nous venons de le voir : le burn-out a un réel impact sur notre flore intestinale et la flore intestinale a elle un impact sur l’état général. Une flore intestinale appauvrie pouvant amener à une faiblesse immunitaire, une résistance au stress amoindrie, un état anxieux, voire dépressif, une baisse d’énergie par une mauvaise absorption de vitamines indispensables.
Prendre soin de sa flore intestinale est une action de choix dans le processus de récupération suite à un burn-out.

 

Pour aller plus loin et tout savoir sur le microbiote, voici 2 ressources :

Les super-pouvoirs de l’intestin – Enquête de santé le débat

– Le charme discret de l’intestin de Guilia Enders (Actes Sud)

 

 

 

 

 

 

Naturopathe et coach, j’accompagne les personnes ayant vécu un burn-out à reprendre une vie professionnelle avec énergie et sérénité.
Si vous êtes concerné et que vous avez du mal à consolider votre énergie et votre confiance pour reprendre le travail, vous pouvez me contacter pour une séance découverte. Nous verrons ensemble comment je peux vous aider.